Produits & familles · 8 min de lecture

Raccords inox à sertir : fonctionnement et applications

Le raccord à sertir s'est imposé sur les réseaux d'eau, d'air comprimé et de fluides techniques parce qu'il supprime la soudure : pas de flamme, pas de permis de feu, pas de décapage, un montage rapide et contrôlable visuellement. Mais c'est un système fermé : le raccord, le tube, le joint et l'outil forment un ensemble cohérent défini par le fabricant. Ce guide explique le principe, les critères de choix et les limites à connaître avant de basculer une installation en sertissage.

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Le principe du sertissage à froid

Le raccord comporte une extrémité femelle dans laquelle est logé un joint torique en élastomère, placé dans une gorge profilée. Le tube, coupé d'équerre et ébavuré, est inséré jusqu'à la butée — la profondeur d'insertion se repère au marqueur avant sertissage. Une pince à sertir équipée de la mâchoire correspondant au profil et au diamètre vient ensuite déformer le raccord de part et d'autre de la gorge : la déformation bloque mécaniquement le tube et comprime le joint, qui assure l'étanchéité. L'opération est irréversible : un raccord serti se démonte par découpe.

  • Coupe d'équerre obligatoire : une coupe oblique fait fuir le joint.
  • Ébavurage intérieur et extérieur pour ne pas blesser le joint à l'insertion.
  • Repère de profondeur d'insertion tracé avant sertissage.
  • Mâchoire correspondant strictement au profil et au diamètre du système.

Profils, tubes et compatibilité

Les systèmes de sertissage utilisent différents profils de mâchoires, les plus répandus étant les profils M et V. Ils ne sont pas interchangeables : un raccord conçu pour un profil doit être serti avec la mâchoire correspondante. Le tube doit lui aussi être celui prévu par le système : diamètre extérieur, épaisseur et tolérances définis par le fabricant. On ne sertit pas un raccord sur un tube dont l'épaisseur ou l'état de surface ne sont pas prévus. En inox, les gammes courantes sont en 1.4404 (316L) pour les réseaux exigeants et en 1.4521 ou 1.4307 pour des services moins agressifs, selon les fabricants. Enfin, il faut éviter les couples galvaniques : le passage d'un réseau inox à un réseau acier galvanisé ou cuivre doit se faire par un raccord de transition adapté.

Choisir le joint selon le fluide

Le joint est l'élément qui définit le domaine d'emploi du raccord, pas le métal. L'EPDM, généralement de couleur noire, couvre l'eau sanitaire, le chauffage et les réseaux d'eau techniques. Il n'est pas compatible avec les hydrocarbures et les huiles minérales. Le FKM (fluoroélastomère), souvent jaune ou vert selon les gammes, supporte des températures plus élevées et les hydrocarbures ; il est utilisé sur vapeur basse pression, huiles et certains produits chimiques. Le HNBR est proposé pour les gaz et les fluides pétroliers sur certaines gammes. Le code couleur varie d'un fabricant à l'autre : la référence à vérifier reste la fiche technique du système, jamais la couleur seule. La pression et la température admissibles sont toujours celles annoncées par le fabricant pour le couple raccord + joint, et non celles du tube seul.

  • Eau sanitaire, chauffage, eau glacée : EPDM.
  • Huiles, hydrocarbures, températures élevées : FKM.
  • Gaz : gamme et joint spécifiquement homologués pour le gaz.
  • Toujours vérifier la courbe pression/température du fabricant.

Sertir ou souder ?

Le sertissage gagne partout où le temps de montage et la sécurité chantier priment : réseaux d'eau et d'air comprimé dans le bâtiment, réhabilitation en site occupé, zones où le permis de feu est difficile à obtenir, plafonds techniques et gaines. La soudure reste indispensable dès que la ligne relève d'un service sévère : haute pression, haute température, vapeur process, fluides agressifs, équipements sous pression réglementés, ou exigence de contrôle non destructif volumique de l'assemblage. En agroalimentaire et en pharmacie, la présence d'un joint élastomère en contact avec le produit et la gorge du raccord posent une question d'hygiène : sur les lignes produit, la soudure orbitale et les raccords démontables hygiéniques (clamp, SMS, DIN) restent la règle. Le sertissage y est réservé aux utilités.

L'essentiel en 30 secondes

Un raccord à sertir assure l'étanchéité par déformation mécanique à froid du raccord sur le tube, avec un joint élastomère logé dans une gorge. Il divise le temps de montage par rapport au soudage et supprime le permis de feu, mais il impose un tube au diamètre et à l'état de surface prévus par le fabricant, et reste limité en pression et en température.

Sertissage et soudage : comparatif
CritèreRaccord à sertirRaccord à souder
Temps de montageTrès rapide, quelques secondes par assemblageLong : préparation, soudage, décapage
Permis de feuNon nécessaireNécessaire
Qualification opérateurFormation courte au systèmeSoudeur qualifié
Point faibleJoint élastomèreQualité de la soudure
ContrôleVisuel, repère d'insertionRessuage, radiographie, ultrasons
DémontagePar découpePar découpe
Domaine d'emploiUtilités, eau, air, fluides techniquesPression, température, fluides agressifs, PED

Les valeurs de pression et de température admissibles dépendent du système et du joint : se référer à la documentation du fabricant.

Choix du joint selon le fluide
FluideJoint usuelÀ éviter
Eau sanitaire, chauffageEPDMFKM inutile et plus coûteux
Air comprimé lubrifiéFKMEPDM (huiles)
Huiles et hydrocarburesFKMEPDM
GazGamme homologuée gazGamme eau standard
Produit alimentaire en contactSolution hygiénique dédiéeSertissage standard sur ligne produit

Schémas et illustrations

Coupe d'un raccord sertischema — visuel en préparation
Gorge, joint torique, zones de déformation avant et après sertissage.
Repère de profondeur d'insertionphoto — visuel en préparation
Traçage du repère sur le tube avant sertissage : le contrôle visuel le plus important du montage.

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Questions fréquentes

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